nom féminin
littéraire : Caractère vulnérable.
Synonyme : fragilité.
Je crois que chacun porte une ombre.
Une part de soi façonnée par son histoire, ses blessures, ses peurs.
Elle ne raconte pas qui nous sommes.
Elle raconte seulement ce que nous avons traversé.
Il y a cette ombre, noire, présente dans mon esprit.
J’ai compris que, plus elle prend de place, plus je perds confiance en moi et en mon couple.
Comme si son seul rôle était de maintenir un climat de peur.
De me rappeler que je ne suis pas libre, que je dois me méfier.
Parce que je connais.
Je l’ai vécu.
Parce que j’en ai souffert.
Elle cherche figer ces souvenirs.
À les garder ancrés en moi, comme si le passé devait rester une vérité.
La seule vérité.
Pourtant…ce que cette part d’ombre ignore, c’est qu’elle n’est pas la seule à vivre en moi.
À côté d’elle, il y a une voix.
Plus douce, plus discrète.
Une voix qui ne nie pas mes blessures, qui ne s’en sert pas contre moi.
Au contraire, elle est là pour me rappeler qu’elles appartiennent au passé.
Que j’ai le droit d’être libre.
Libre d’aimer et d’être aimée.
Libre d’avoir confiance en moi et de l’accorder aux autres.
Libre de construire une relation, sans peurs, sans trahison.
Mais cette ombre, elle possède une mémoire très sélective.
Elle oublie les regards tendres.
Les gestes sincères.
Les hommes respectueux.
Elle conserve uniquement les preuves qui nourrissent ma peur et lui maintiennent sa place dans mon esprit.
Comme une phrase qui marque.
« Quand je suis pas avec toi, je t’aime pas. Je pense pas à toi. Je suis désolé. C’est terminé.»
Un mensonge.
Une trahison.
Une double vie.
Ou encore un silence utilisé pour mettre fin à une histoire, sans jamais avoir le courage d’oser en parler.
Comme si ces quatre souvenirs suffisaient, à écrire toutes les histoires qui viendraient après.
Que dire de mon couple et de cette peur de la trahison.
Elle.
Elle et ses mille questions.
Qui me tournent dans la tête, me compressent le cœur et me retournent le ventre.
Et si j’arrêtais d’avoir peur ?
Et si j’arrêtais de me demander ce qu’il fait ? À qui il parle ?
Est-ce qu’il flirte avec une autre ?
Est ce qu’il voit quelqu’un quand je ne suis pas là ?
Comme si une part de moi cherchait désespérément une preuve.
Une preuve que j’avais raison de me méfier.
Une preuve qu’une trahison m’attend quelque part.
Pourquoi tout ça maintenant ?
Parce qu’aujourd’hui, je suis amoureuse.
Et cet amour-là, me demande de déposer des armes que je porte depuis des années.
Cette peur, j’ai compris qu’elle existait avant lui.
Il ne l’ a pas créée.
Il est seulement le premier à l’ éclairer suffisamment pour que je la voie et que j’ai envie de m’en débarrasser.
Seulement, plus une relation grandit, plus elle prend de la place.
Plus on commence à se construire ensemble, et plus le risque de perte devient immense.
Alors jusqu’ici, je préférais tout faire seule.
Oui, avant, je préférais.
Jusqu’au jour où il est arrivé.
C’est lui !
C’est cet amour !
Celui dont tout le monde parle.
Celui qui te tombe dessus quand tu ne t’y attends pas.
Celui pour lequel tu ne décides rien.
Celui qui grandit sans te demander ton avis.
Aujourd’hui, ses lèvres me font vibrer.
Sa peau me rassure.
Ses mains me font frissonner.
Et son absence crée un vide que je ne peux plus ignorer.
Et moi j’en ai peur.
Parce que je ne connais pas cet amour-là.
Alors, si je me dis que, si ne trouve rien contre lui…
S’il est sincère, si cette relation est comme je l’ai toujours espéré…
Alors je vais forcément devenir vulnérable.
Parce qu’il n’y aura plus rien à contrôler.
Plus aucun mécanisme pour tenter d’anticiper.
Plus d’ombre pour me protéger.
Je comprends qu’aimer, ce n’est pas contrôler, au contraire c’est accepter qu’un jour la relation puisse changer ou se terminer.
Parce que rien n’est figé.
Tout naît.
Grandit.
Se transforme.
Meurt.
Puis laisse la place à quelque chose d’autre.
Les relations.
La famille.
Le travail.
Les rêves.
Nous.
Tout est en mouvement.
On me dit souvent que je réfléchis trop.
Peut-être bien.
Ou peut-être que je cherche simplement à comprendre ce qui vit en moi, plutôt que de le subir.

C’est peut-être ça aussi, finalement, la vulnérabilité.
Non pas l’absence de peur.
Mais oser regarder ses fragilités.
En parler, les assumer & les montrer.
Ouvrir la porte de ces endroits que l’on gardait secrets depuis des années.
Parfois, j’ai besoin qu’on me rappelle que le bonheur, ce n’est pas cacher mes blessures, ni enfouir ce qui me fait peur.
Le bonheur, c’est apprendre à vivre en paix avec elles.
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