Traverser ses relations amoureuses, c’est un peu comme parcourir une terre inconnue. Chaque étape, même la plus difficile, dessine les contours de la personne que l’on devient.
D’aussi loin que je me souvienne, j’adore écrire.
Quand on pose des mots, on peut prendre le temps de peser leur poids, de choisir celui qui sera le plus adapté.
Écrire, c’est ancrer.
Émotion, sentiment, pensée, rêve, réflexion, décision… Ça entre dans la matière.
Le goût de l’orange
Ce matin-là, je me suis arrêtée dans un café après une prise de sang pour déjeuner.
J’ ai ouvert ma tablette et tapé les premiers textes de ce blog, puis j’ai eu envie d’écrire celui-ci.
Chacun de mes textes naît d’abord dans un cahier, à la main.
Et comme toujours, tout a commencé par un choix simple : la couleur de l’encre.
Ce jour-là, c’était orange.
L’orange, c’est l’été, la chaleur, le soleil, la douceur, l’énergie.
C’est presque ironique parce qu’à ce moment précis, je pense à l’homme dont je viens de me séparer.
Nous sommes lundi, la décision de se séparer était jeudi soir.
En relisant ces mots plus tard, je comprends le lien :
cette chaleur, c’était celle de son corps quand il m’ouvrait ses bras.
Les soirs d’été où on cuisinait, dansait, où on s’embrassait tendrement.
La femme de transition
Mon parcours est jalonné d’expériences que j’ai longtemps portées comme un véritable fardeau : des trahisons aux silences, des manipulations aux désillusions.
J’ai connu beaucoup de raisons de rupture.
○ La distance.
○ Les appels en cachette.
○ La maladie.
○ La drogue.
○ La tromperie.
○ La violence.
Ces relations qui finissent par te faire douter de ton corps, de ta valeur, jusqu’à voir uniquement tes défauts.
Ou du moins, tu finis par le croire.
J’ai longtemps été cette « femme de transition ».
Celle qui répare, qui écoute, qui guide.
Celle qui sème quelque chose chez l’autre pour qu’il grandisse avant que la relation s’arrête.
Se retrouvant seule dans la remise en question pendant que la partie adverse se reconstruit .
Cependant, parfois j’en ris.
Je me dis que je devrais demander une participation financière pour ce rôle que j’ai eu.
Qui sait ? Je pourrais peut-être déjà vivre en bord de plage, les pieds dans l’eau ?!
C’est difficile d’être celle par qui ces étapes de vie doivent passer, et de voir, quelques années après, leur nouvelle relation épanouie.
Même si je suis heureuse pour eux, il y a quand même la nostalgie et ce petit truc de penser que moi, je n’y ai pas eu le droit.
Le chemin..
Sur ce chemin, j’ai aussi évolué personnellement.
J’ai été accompagnée par des professionnelles et ça m’a permis d’apprendre à me connaître et à reconnaître ma valeur.
Grâce à ça, les relations toxiques, violentes ou dépendantes du début ont fait place à d’autres, jusqu’à ce que je vive et comprenne une autre facette, et ainsi de suite.
Jusqu’à ce jour, où ce chemin sinueux m’a menée à une rencontre différente.
Une relation empreinte de respect, d’attention, de tendresse.
Une relation simple, saine, avec des rires, des balades, des silences aussi, et une communication ouverte.
Pour la première fois, la fin ne s’est pas écrite dans le conflit ; elle s’est conclue dans une conscience mutuelle de ce que nous nous étions apportés.
.. et ses expériences
Entre-temps, il y a eu l’épreuve la plus difficile de ma vie : l’avortement.
Ce passage a laissé une trace profonde.
Il a touché la femme, la mère, les croyances, le physique et par la suite la sexualité et cette flamme intérieure qui, un jour, est partie se cacher.
Un matin, j’allais bien, et l’instant d’après la douleur revenait.
Petit à petit la culpabilité s’est installée, l’ombre a pris plus de place que la lumière.
J’essayais d’aller mieux, vraiment, de toutes mes forces…sans y parvenir.
Lui était là.
Présent, patient, attentif, plein de douceur.
J’aurais pu rester.
J’aurais pu continuer.
Comment être bien dans mon couple alors que je vis une torture dans mon corps et dans ma tête ?
Est-ce que je dois rester pour nous ou partir pour me reconstruire ?
Est-ce que c’est déjà trop tard au moment où je me pose ses questions ?
Il me manquait l’élan, le frisson, cette énergie vitale qui me fait me sentir vivante.
Sa présence et tout ce qu’il m’offrait auraient pu suffire, seulement mon cœur, parfois, se pinçait.
On ne peut pas forcer sa propre nature à entrer dans une forme qui n’est pas la sienne.
Moi
C’est là que réside le véritable défi : apprendre à se choisir.
Penser à sa propre vie en premier, même quand le choix est déchirant.
Se séparer dans le respect, c’est accepter que nos chemins divergent pour mieux se retrouver intérieurement.
J’ai choisi.
Non pas contre lui, j’ai choisi pour moi.
Pour cette flamme que je veux rallumer, même si le chemin est encore long.
Il me faut me réconcilier avec ces parts de moi que j’ai laissées, rejetées, ignorées et même accepté d’abîmer.
Souvent je me rappelle à moi-même l’immensité du monde.
Les milliards d’humains que nous sommes sur Terre.
Est-ce qu’une seule personne peut vraiment nous accompagner toute notre vie, à travers toutes nos évolutions ?
Rester agrippé à ce qui n’existe plus, c’est se priver de mouvement.
J’ai préféré une tristesse consciente à une mélancolie silencieuse.
La polarité c’est ça aussi. Vivre une situation difficile et douce à la fois, pour amener à un nouvel équilibre, meilleur pour soi.
Le grand ménage
Le renouveau commence souvent par un geste simple, presque instinctif :
faire le ménage.
Ce dimanche, j’ai récuré chaque recoin de mes 46 m², plus de 5 heures de ménage.
J’ai déplacé le canapé six fois, le meuble télé trois, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’espace respire enfin.
Comme si remettre de l’ordre dehors aidait à calmer ce qui bouge dedans.
(J’ai quand même gardé la paperasse en cas de rechute émotionnelle et l’option coiffeur en dernier recours)
Je crois que nous sommes nombreux.ses à connaître ce besoin-là.
Avancer aujourd’hui, c’est accepter de regarder cette marque encore fraîche pour transformer la culpabilité en moteur de guérison.
J’accepte et surtout je m’autorise à vivre cette tristesse ; le fait que la décision vienne de moi ne signifie pas que je revis, pleine d’énergie, que la page est tournée.
Je décide de laisser toutes ces émotions me traverser pour que, une fois leur chemin terminé, elles s’en aillent.
L’étape suivante sera la réappropriation de mon corps, de ma féminité, de cette énergie qui me fait vibrer.
Réapprendre, doucement, à me reconnecter à mes besoins, mon essence.
Découvrir des parties cachées et assumer chaque facette, chaque lumière qui me traverse.
Et enfin, il y a le rêve
Cette maison dans la nature.
Un lieu où la peinture, la musique et la création ne sont plus des projets, mais un mode de vie.
Travailler pieds nus.
Respirer.
Accompagner celles et ceux qui le souhaitent à comprendre et accepter pour avancer.
En remettant du mouvement dans leur vie par la parole & par le corps.
Transformer nos terres de souffrance en terres de renouveau.
Car une fin définit toujours un début.
Et ce début, il commence ici. Avec ces mots. Avec ce blog.
Alors je continue de croire en la Vie et, à présent, je commence à croire en moi, en mes projets.
Je me donne la possibilité de croire que je peux ; que je vais réaliser ce rêve.
Il y a un certain temps, je rappelais souvent à une amie le souvenir de sa fille quand elle a commencé à marcher.
De si petits pieds et pourtant, en une fraction de seconde, elle disparaissait de son champ de vision.
Lorsque nous traversons une épreuve, soyons fiers.ères de chaque petit pas que nous faisons.
Avec la même détermination que ces petits êtres, nous atteindrons notre but plus rapidement que nous ne l’imaginons.

Avec le recul, je réalise que chaque rupture a été nécessaire pour planter une nouvelle graine.
J’aime penser que chaque expérience vécue, amène une nouvelle idée, une nouvelle vision ou une croyance qui continue de mûrir ou de se déconstruire au fil du temps.
Quand je parle de graines, c’est de ça qu’il s’agit :
L’évolution, la transformation.
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