Qui suis-je


J’écris aujourd’hui pour partager mon histoire.

Cette génération internet nous donne accès à tout.

Ceux et celles que l’on voit nous donnent l’impression que tout est accessible, que tout est possible.

Pourtant, lorsque j’ai cherché du réconfort, du soutien, un espace où déposer ma douleur après mon avortement… rien.

Le silence.

Ni groupe de parole, ni forums actifs. Des sites à l’arrêt depuis des années.
J’étais seule.


Ma vie a été une succession de tempêtes.

Tristesse, peurs, abandons, violences physique, attouchements, scarification, accidents, alcool, trahisons, deuil… et puis l’avortement.

De multiples facettes qui occupent le prisme de ma vie.

Parfois, tout s’accumule et notre lumière semble s’éteindre.
On pourrait croire qu’il n’y a plus rien à voir, plus rien à espérer, alors qu’elle est là.
Elle dort.
Elle attend son heure.



Puis il y a ma boussole. Sa douceur et sa sincérité me sauvent à chaque fois.

Je te parle de mon cœur.

Plus je l’écoute et plus je vois de couleurs autour de moi.
En réalité, c’est comme si mon cœur était le prisme dont je parle.
Ses lumières font partie de moi et je le nourris de la beauté de tout ce que je vois et entends :
un paysage, le rire d’un enfant, un merci, un sourire, le bruit des vagues.
Ou encore le vol d’un Martin-pêcheur que je croise parfois en balade ; un soupir se dégage alors de mon corps, simplement parce que c’est beau. Parce que ça me fait du bien.

Plus je le nourris, plus cette lumière grandit.

On dit aussi : « Heureux sont les ignorants ».
Après 11 ans de thérapies en tout genre et 9 ans parsemés de formations (spirituelle et développement personnel), je donne un sens à cette phrase.

En apprenant sur soi et sur le comportement humain, alors on perçoit plus facilement les blessures, on entend les silences, on ressent les peurs, on découvre les croyances.
Il est parfois plus simple d’ignorer les faits que de se convaincre qu’ils n’existent pas.


J’ai choisi d’écrire ce que j’ai traversé.
De la douleur à la compréhension, jusqu’à la guérison.

En premier pour moi.
Pour déposer tout ce que j’ai sur le cœur.
Et pour toi.
Parce que si tu me lis, c’est surement que tu as cherché sur internet des mots en résonance avec les miens.


Je crée aujourd’hui ce que j’aurais voulu avoir dans ces moments-là.
Un lieu sécure, simple, sans faux-semblant, un franc parler avec des mots sincères, parfois difficiles à entendre.
Cependant, c’est ce que je souhaite : du vrai.

Si tu lis ces mots, sache que ta lumière n’a pas disparu.
Elle patiente.
Elle te laisse vivre cette expérience, cette douleur pleinement, pour qu’une fois traversée, elle n’ait plus besoin d’exister.

Sois fièr.e de chaque pas. Celui qui avance, comme celui qui recule pour te protéger et mieux avancer.